le temps de l'oubli,

le temps de la mémoire


le site qu'avait crée Pierre BOURLIER "Le temps de l'oubli le temps de la mémoire"  n'existe plus.

22 décembre 2009

Pierre BOURLIER

Alias WHERLE nom sous lequel il a été déporté - Alias GUILLAUME  nom de résistant
- Agent de liaison du groupe de résistance Libération Nord, puis à l'unification des mouvements de résistance.
- Agent de liaison du Commandant le secteur ouest de la région parisienne des Forces Françaises de l'Intérieur (F.F.I.) et agent du Réseau Vidal Brutus des Forces Françaises Combattantes. Il est arrêté par la Gestapo le 3 juin 1944, puis - Interné à la prison de Fresnes, évacué le 15 août 1944 vers Buchenwald. - Affecté au Kommando de Wansleben où était installée une usine de fabrication de pièces pour V2 dans les galeries de la mine de sel à 400 mètres sous terre. - Après ce qui fut appelé la Longue Marche, libéré par l'armée américaine le 14 avril 1945.    
- Rapatrié le 12 mai 1945.

voici un court extrait d'un texte écrit par sa belle soeur:


 

 
Quand ai-je pris conscience de ne plus être accueillie par ces rues qui, jusque là avaient été comme une extension de mes terrains de jeu ?

Quand ai-je compris que les enfants en uniforme apprenaient la haine de l'autre et que l'autre, c'était moi ?
Quand ai-je entendu parler pour la première fois d'antisémitisme ?
Dans toutes les rues de mon enfance on marchait au pas et hommes, femmes, enfants se succédaient en vagues brunes. Flottait aussi, sur les édifices, le drapeau rouge à croix gammée. Les gens au lieu de se serrer la main levaient la main droite et clamaient Heil Hitler !

Nous avons rencontré le rejet, la haine, sans comprendre pourquoi nous étions visés,
pourquoi nous étions exclus.
Peut-on atteindre un enfant plus douloureusement que dans son origine et celle de ses parents ? Négro, Bicot, Youpin !
Je me posais une question, sans trouver de réponse: quel sens donner au fait d'être juif
quand on se dit agnostique ou incroyant. Peut-il y avoir une judéité laïque ?

Je venais d'être inscrite au lycée,  brusquement tout a changé. Nous étions 3 ou 4 juives dans la classe
  et on nous a fait asseoir au dernier rang. Le matin arrivant au lycée, toutes les classes devaient défiler
devant la directrice avec le salut hitlérien. Devant cette situation intenable mes parents m'ont permis
de retourner à l'école juive. J'étais dès lors confrontée à une prise de conscience à laquelle je n'étais pas préparée".