mardi 22 octobre 1940

  

Dans 137 villes et villages du Palatinat et du Pays de Bade

La liste des villes et villages.

A Bruchsal , au nord de Karlsruhe, la séquence d'un film tourné le 22 octobre. 1940

A Gailingen et ailleurs.

Le mardi 22 octobre 1940, c'est une rafle méticuleusement préparée, parfaitement synchronisée. La surprise totale, l'effroi pour une communauté qui venait de fêter Souccot, une fête religieuse juive.

Aucune information n'avait filtré, aucune alerte n'avait pu circuler.  Les  forces de l'ordre intervaient en nombre dans le quartier où se trouvaient les logements des familles et des personnes visées par la rafle. Les voisins étaient aux balcons, les passants s'arrétaient sur les trottoirs.

Les policiers passaient d'abord dans le logement de chacun pour indiquer aux occupants qu'ils disposaient d'un délai de une heure pour rassembler quelques affaires. 100 Reich Mark était l'unique somme qu'ils étaient autorisés à prendre. Tout le reste, ils devaient le laisser. Toutes questions restaient sans réponse.

Le délai accordé écoulé, ils devaient quitter le logement avec leurs valises; remettre les clefs de leur domicile au policier et signer un document qui précisait que tout ce qu'ils possédaient appartenait désormais au Reich. Ils étaient acheminés ensuite vers des lieux de rassemblement puis conduit vers les gares et mis dans des convois.
 

Sur la première page du cahier  d'Elise WOLLWEILER, dont l'amicale du camp de Gurs publie un extrait dans le numéro 114 de son bulletin de mars 2009 celle ci-écrit:

"L'expulsion de notre patrie. On nous a expulsé de la maison et de la ferme. On nous a avili et privé de nos droits. Ce fut un triste et terrifiant destin, la façon dont on nous a torturé et réduit à l'esclavage".

Les convois prirent au soulagement de beaucoup la direction de la France , le sud de la France. L'attente fut interminable pour passer en zone non occupée. L’autorité française  placée devant le fait accompli émit une protestation officielle contre l’envoi de ces convois d’expulsés sur le territoire français.

La décision fut prise d'inerner les expulsés au camp de Gurs.

Au départ du voyage, ils étaient des expulsés, à l'arrivée, ils étaient internés, des internés apatrides, le Reich les avaient déchu de la nationalité allemande.

"... on apercevait pas de jardins, mais seulement des étendues monotones, dépourvues d'habitations, si ce n'est des baraquements et toujours des baraquements, où devaient s'entasser des dizaines de milliers de juifs que l'on avait déporté du Palatinat et de la région de Bade".
Elise WOLLWEILER.

Un point d'histoire de Claude LAHARIE.